Cadre peu dynamique, Michel s'ennuie dans son entreprise de dessin industriel et revasse aux grandes expéditions des héros de l'Aéropostale. Par hasard, ses fantasmes se portent sur le kayak. Apres tout, le fuselage est similaire a celui d'un avion ! Apres des semaines de recherche et de préparation, l'apprenti aventurier se lance sur les eaux, avant de faire une pause, a peine quelques kilometres plus loin, dans le petit havre de paix d'une auberge de bord de rive, tenue par une étrange et attachante famille. Le temps d'aimer On ne s'étonnera pas de la fascination de Bruno Podalydes, grand admirateur de Jean Renoir, pour les longs plans au fil de l'eau, et la douceur qui découle de cette parenthese enchantée. Dans la lignée de l'ensemble de sa filmographie, de Bancs publics (Versailles rive droite) a Adieu Berthe ou l'enterrement de mémé, Comme un avion charme par le décalage constant de ses personnages, reveurs ou saugrenus, heurtés par le monde moderne conformiste, et sauvés par leur part d'enfance, d'absurde et de poésie : celle qui, comme le réalisateur le professe, nous anime tous. La bande des freres Podalydes (Pierre Arditi pour un caméo délectable en pecheur irascible, Michel Vuillermoz, Noémie Lvovsky, Jean-Noël Brouté...) sert parfaitement cette fable touchante, bercée par la chanson de Georges Moustaki qui court tout au long du film : Nous prendrons le temps de vivre d'etre libres...