Enfant, elle collectionnait les images de stars, en revant de bruler les planches des théâtres du West End a Londres. Repérée par le cinéma a 16 ans, Joan Collins, née en 1933, fuit le désastre d'un mariage précoce, quand Howard Hawks la convoque pour le tournage de La terre des pharaons. Le péplum culte propulse la petite Anglaise dans un Hollywood au crépuscule de son âge d'or. Starlette des gazettes, l'Elizabeth Taylor des pauvres, comme la surnomment les mauvaises langues, y croise des producteurs prédateurs, dont Darryl F. Zanuck, et des icônes du septieme art, comme la féroce Bette Davis, a qui elle donne la réplique dans The Virgin Queen, ou encore l'irrésistible Warren Beatty, auquel elle succombe. La douce Marilyn Monroe, elle, lui dispense des conseils pour survivre, un art pourtant ou l'actrice de La fille sur la balançoire de Richard Fleischer (1955) excelle déja. Au fil des décennies, féministe et amoureuse, l'insolente Joan Collins enchaîne les mariages - cinq au total - et des films oubliables de la Fox, tout en élevant trois enfants. Mais alors que la comédienne disparaît peu a peu des radars du cinéma, la série Dynastie la hisse, au début des années 1980, au sommet de la célébrité planétaire. Lucidité Dans ce documentaire en forme d'autoportrait nourri d'archives, Dame Joan Collins - elle a été anoblie en 2015 - déroule non sans humour le parcours semé d'embuches d'une star de série B, entre Londres et Hollywood. Femme d'affaires et femme de ceur, l'actrice, adepte revendiquée du glamour, évoque ses combats pour s'imposer dans la vie comme a la scene. A l'aube des années fric, c'est la télévision, s'amuse-t-elle, qui lui offre, avec le rôle de la redoutable Alexis de Dynastie, robes a épaulettes et coiffures kitsch comprises, la gloire tardive (récompensée d'un Golden Globe) que le cinéma lui refusait. Mais derriere l'exercice bien huilé de la professionnelle des talk-shows télévisés, avec formules dignes de publicités et anecdotes croustillantes, perce la lucidité d'une fringante octogénaire, ravie d'avoir profité du systeme du show-biz qui croyait l'exploiter.