La foret boréale des Territoires du Nord-Ouest canadien incarne la Terre-Mere pour le peuple amérindien Déné. Elle abrite également des gisements de pétrole exploités depuis un siecle par la filiale canadienne d'Exxon Mobil, Imperial Oil. Pour les communautés autochtones, la sauvegarde de leur environnement se confond avec la défense d'une culture ancestrale connectée a la nature. Jeune militante amérindienne, Twyla Edgi-Masuzumi mene cette double lutte au sein du réseau des Gardiens de la Terre et assure le lien entre les générations. Fortes personnalités Du ballet de camions chargés de grumes a la flamme des derricks, nombreux sont les visages d'une déforestation qui n'épargne aucun continent. En cinquante ans, les cris d'alarme de plus en plus insistants sur le changement climatique et l'effondrement de la biodiversité se sont avérés impuissants a enrayer ce processus mortifere. Pourtant, des consciences font face a l'urgence, se mobilisent et innovent. Dans les cultures locales en lien étroit avec la nature se joue l'universel, comme en témoignent les leaders autochtones de cette somptueuse série documentaire - servie par la musique de Piers Faccini -, en lutte pour la survie des cinq dernieres grandes forets primaires du globe : Twyla l'Amérindienne (Canada), Tumursukh le Mongol, Mambongo le Gabonais, Mundiya le Papou et Benki le Brésilien. Loin de folkloriser leurs combats, Gardiens de la foret nous invite a refaire, tant qu'il est temps, une place a leur vision du monde. A l'écoute de ces fortes personnalités, indissociables des écosystemes qu'elles défendent, une reconnexion s'opere, en rupture radicale avec la réification et la marchandisation de la nature devenues notre ordinaire.