La taiga, connue aussi sous le nom de foret boréale, représente environ 17 % de la surface de la Terre et possede la plus forte densité de rivieres et de sources naturelles au monde. En Mongolie, ses forets primaires et ses eaux pures ont permis de maintenir le nomadisme de toute une population depuis des milliers d'années. Mais au cours des trois dernieres décennies, ces riches ressources ont été pillées et ravagées par la chasse intensive et les activités minieres - notamment auriferes. La faune a déserté la foret et les cours d'eau ont été pollués. Pour stopper ce désastre, une vaste zone, baptisée la taiga rouge, a été classée parc national en 2014. Le garde forestier et directeur de la réserve Tumursukh Jal, un ancien chasseur issu des communautés autochtones, a pour ambitieuse mission de la protéger des incursions dévastatrices en mettant un terme aux exploitations illégales et en s'opposant a certaines pratiques de nomades chasseurs sur les territoires protégés. Travaillant sans relâche dans des conditions dangereuses, lui et ses équipes de rangers ont peu a peu réussi a faire renaître la taiga, ou reviennent aujourd'hui des animaux sauvages. Conscient des enjeux climatiques, Tumursukh reve de faire de sa région un sanctuaire naturel, cause a' laquelle il cherche inlassablement a' rallier les populations locales. Mais l'évolution des mentalités se trouve bientôt compromise par l'intrusion d'une famille d'ours... Délicates négociations Au fil de somptueuses images, entre cours d'eau, lacs gelés, prairies et forets, le film suit les patrouilles a cheval et les négociations de l'habile et sage Tumursukh aupres des nomades pour préserver cette taiga rouge, refuge d'une biodiversité unique. Face aux risques d'incendie amplifiés par le réchauffement climatique, les chasseurs, eux, arguent de la tradition, gage de leur survie, pour braver la loi. Si le retour de la panthere des neiges nourrit l'espoir du gardien et de ses fideles rangers, eux-memes anciens chasseurs, l'arrivée de ces ours affamés, réfugiés de Sibérie, provoque l'ire des éleveurs. Afin de sauver les plantigrades d'une mort certaine, Tumursukh organise alors des séquences dignes d'une production hollywoodienne pour les capturer, avant de mobiliser les enfants pour les nourrir. Filmé au plus pres, le patient combat d'un amoureux de la nature, dévoué corps et âme a la protection de la faune sauvage.