L'Arabie douce-amere de Mahmoud Sabbagh En 2016, un ovni traverse le ciel du cinéma mondial : Barakah meets Barakah de Mahmoud Sabbagh. Le deuxieme long métrage jamais tourné en Arabie saoudite. Primé au festival de Berlin et sélectionné aux Oscars, cette comédie romantique et loufoque se déroule dans les rues de Djeddah, la ville la plus bouillonnante du pays. Le réalisateur de 33 ans, Mahmoud Sabbagh, joue des codes de la comédie populaire pour bousculer les carcans de la société saoudienne. Il leve un coin de voile sur une parole jusqu'alors inaudible, celle de la jeunesse du pays. En Arabie saoudite, aux origines de l'islam Dans la tradition arabe, la parole crée, transforme, détruit aussi. Elle est la langue des poetes qui depuis des temps anciens s'affrontent pour des biens précieux ou pour l'amour du verbe. En Arabie saoudite, ce verbe s'est fait divin. C'est au sein de son immense étendue désertique qu'est apparu l'islam. La derniere des grandes religions monothéistes naît au VIIe siecle apres J.-C. avec son prophete Mahomet et un livre : le Coran, qui signifie "récitation" en arabe. En quelques décennies, ce marchand caravanier convertit une grande partie de la péninsule arabique et organise l'embryon d'un État centralisé. A Djeddah, une idée noire jaillit Porte d'entrée vers la Mecque et capitale économique de l'Arabie saoudite, Djeddah vit depuis des siecles au rythme des pelerins et des marchands. Au début du XXe siecle, un agent secret britannique installé dans la ville change a tout jamais le destin du pays.