Gueule d'ange ou de démon, mâle alpha macho ou paraplégique résolu a mourir, le protéiforme Javier Bardem impressionne par sa capacité a changer de personnalité et de visage, au gré des rôles marquants qui ont jalonné son imposante carriere. Issu d'une famille de comédiens (a commencer par sa mere, Pilar Bardem) et neveu d'un cinéaste, il est prédestiné au métier d'acteur des son adolescence, pourtant rebelle. Dans Jamón, jamón (1992), le sulfureux Bigas Luna, qui le fera tourner dans deux autres films, lui apporte le succes alors qu'il n'a pas 25 ans. Résistant au piege du vedettariat facile de sex-symbol, il choisit des rôles exigeants, qui révelent son art de la métamorphose, y compris physique. Parti a la conquete de Hollywood, il obtient en 2008 l'Oscar du meilleur second rôle pour son incarnation a la fois terrifiante et drôle du tueur de No Country for Old Men des freres Coen. Adoubé comme star internationale et glamour, avec son étoile au Walk of Fame de Los Angeles, le désormais mari de Penélope Cruz reste d'abord reconnu pour ses exceptionnelles qualités d'acteur. Une image que ses engagements publics en faveur des droits des Sahraouis, des Palestiniens et aux côtés des ONG qui sauvent la vie des migrants en Méditerranée ont troublée aux États-Unis. Kaléidoscope Égrenant les différentes facettes de cet acteur hors norme, comme dans un kaléidoscope dont l'image ne cesse de se recomposer, ce portrait voyage du bad boy viril des années 1990 au troublant Escobar en passant par sa prestation bouleversante dans Avant la nuit (2000) de Julian Schnabel, ou il incarne le poete homosexuel cubain Reinaldo Arenas, ou par son apparition méconnaissable en Némésis de James Bond dans Skyfall (2012). Melant extraits de films et entretiens avec le comédien et ses proches a des analyses de journalistes et d'historiens du cinéma, Sergio Mondelo dépeint un artiste habité par le besoin de se réinventer en permanence, qui fait corps avec ses personnages et leur insuffle l'urgence de sa révolte.