Tony Manero, 19 ans, mene une existence médiocre a Brooklyn. Vendeur dans un magasin de peintures et de matériaux, il habite chez ses parents, coincé entre un pere au chômage rempli d'amertume et une mere pétrie d'admiration pour son fils aîné, devenu pretre. Tony ne vit que pour le samedi soir, quand il devient le roi de la piste au 2001, la discotheque ou il retrouve sa bande de copains. Inscrit a un concours de danse disco avec Annette, sa partenaire habituelle, le jeune homme espere remporter le prix de 500 dollars. Sa rencontre avec Stephanie, danseuse douée travaillant comme secrétaire a Manhattan, le conduit a désirer une autre vie. Dancing king Énorme succes a sa sortie, La fievre du samedi soir est le film culte des années disco, porté par une bande originale de légende, les chansons des Bee Gees étant devenues des tubes planétaires. Repéré dans un second rôle chez Brian De Palma (Carrie, 1976), John Travolta explose dans le rôle de Tony Manero. Aussi a l'aise dans les numéros dansés, ou il se montre impressionnant, qu'en petit gars macho roulant des mécaniques, le comédien parvient a nuancer son personnage de jeune coq pathétique. Ancré dans des lieux a haute teneur symbolique, tels que Manhattan et ses tours, emblemes de la réussite, relié a un Brooklyn plus modeste par d'immenses ponts sur lesquels Tony et sa bande se livrent a des jeux dangereux, La fievre du samedi soir recele un arriere-plan social typique du New York des seventies. Inspiré par un article de l'écrivain et critique rock Nik Cohn sur la vie nocturne des jeunes de Brooklyn, leurs rituels et leurs meurs (Cohn avouera en 1997 qu'il avait en partie inventé !), le film est aussi truffé de références a la culture italo-américaine et a ses nouvelles vedettes, d'Al Pacino a Sylvester Stallone (qui réalisa une suite en 1983, Staying Alive, toujours avec John Travolta). Quelque part entre Mean Streets de Scorsese et Rocky, La fievre du samedi soir révele la solitude des etres derriere le strass et les chemises satinées du disco.