Si elle a collaboré avec d'autres, de Luis Bunuel a Bertrand Tavernier, son nom reste a jamais associé a celui de Claude Chabrol. Tout commence en 1958, dans un café ou il joue au flipper : en panne de rôles intéressants, Stéphane Audran, 26 ans, a sollicité par l'intermédiaire de Gérard Blain, l'interprete du Beau Serge, une rencontre avec ce type qui a l'air marrant, dont elle apprécie les articles dans Les cahiers du cinéma. Pari gagnant : Chabrol l'embauche sur Les cousins puis, convaincu de son talent, la rappelle pour Les bonnes femmes. Désormais amoureux, le cinéaste et sa muse s'installent ensemble, donnent naissance a un fils, Thomas, et enchaînent les tournages. Mais il faudra attendre Les biches, en 1968, pour que le succes soit au rendez-vous. La femme infidele, Le boucher - deux opus du cycle Hélene, dans lequel les personnages joués par Stéphane Audran portent le meme prénom -, Les noces rouges, Violette Noziere, Poulet au vinaigre, Betty... Pendant plus de trois décennies, et par-dela leur divorce, l'actrice marque de son aura mystérieuse la filmographie de Chabrol, incarnant a la perfection les bourgeoises sophistiquées et ambiguës qui peuplent son imaginaire. En tandem Chabrol ? Oh non, alors la..., laissez-moi respirer un peu ! Compilant extraits de films, de reportages et d'émissions télévisés piochés dans le catalogue de l'Institut national de l'audiovisuel, ce documentaire sans commentaire brosse un portrait inattendu de la comédienne, centré sur son fructueux ménage avec le réalisateur. Seuls ou en tandem, sur les plateaux ou dans leur intimité, tous deux se pretent aux questions des journalistes dans des séquences souvent pleines d'humour et d'esprit. Aspirations personnelles, jardinage, finances, méthodes de travail, gout de l'amusement... : une plongée savoureuse dans le sillage de ce duo complice, qui a signé pas moins de vingt-deux films ensemble.