De Singapour au Luxembourg en passant par la Suisse, un service tres discret s'avere aujourd'hui en plein essor : le stockage de biens précieux (euvres d'art, voitures de luxe, grands crus...) dans des entrepôts sécurisés appelés ports francs, ou freeports, considérés a l'origine comme des zones de transit temporaire. Ce systeme, extremement avantageux pour des propriétaires restant anonymes s'ils le souhaitent et exonérés de droits de douane comme de TVA, favorise l'évasion fiscale et le commerce parallele. Car ces marchandises peuvent etre revendues au sein meme des dépôts dans des transactions pas toujours transparentes. Les responsables de musée déplorent, par exemple, que ces stockages secrets permettent de dérober durablement certaines euvres phares a la vue du public, avec une conséquence spéculative quasi automatique, leur valeur marchande augmentant proportionnellement a la durée de leur retrait. Ces interrogations et ces doutes sont-ils justifiés ? En quoi le systeme freeport differe-t-il de celui des banques, dont la complaisance a l'égard de l'argent sale a maintes fois été prouvée et dénoncée ces dernieres années ? Pourquoi les gouvernements encouragent-ils l'ouverture de ces espaces ? Martin Gronemeyer et Michaela Kirst se sont immergés dans ce monde méconnu, opaque et bien gardé pour en livrer un aperçu exclusif et édifiant.